Le temps passé en bolivie

10 mai 2008

News

Bienvenue en terre Quechua !

Voilà la première immersion en communauté isolée accomplie ! J’ai retrouvé les joies du bus bolivien. En deux ans, j’avais presque oublié ces « micros » de 12 personnes, chargés de 50 personnes, les bagages sur le toit, les poules sur les têtes. Cette fois on a commencé fort dès les 5 premières minutes du voyage aller, en arrachant un fil électrique de la ville.. Accroché aux bagages du toit, il fallait reculer pour décoincer le fil du bus, mais évidemment surchargé, pas moyen de reculer, bon le chauffeur a réglé ça d’un coup d’accélérateur, et hop on repart… Sûrement que les habitants de pâté de maison ont dû râler après leur téléphone ou leur ampoule électrique ! La route ensuite fût asphaltée et donc fort agréable jusqu’au chemin de terre aux bords de précipices certes grandioses mais un peu effrayants, en descente, en montée, une petite frayeur quand, à cause du poids le chauffeur ne parvient à freiner qu’au dernier moment, c’est-à-dire à 10 cm du bord (sans compter les risques d’éboulement, soi disant hyper fréquent, mais j’arrête là parce que faut pas exagérer, je suis toujours en vie et des gens font ça tous les jours alors faut pas avoir peur pour rien). Morale de l’histoire, je me suis mise au camion ! tout aussi adventure land mais beaucoup plus aéré et plus sympa, on échange les « sombreros » en cramant du nez et en discutant du maïs et des carottes qui nous tiennent compagnie jusqu’au marché paysan.

Arrivée à 2km de La Mendoza (la communauté en question, là où je fais mon super stage anthropologique), il faut marcher sous 35c° avec tous nos ravitaillements et sac à dos, traverser le fleuve à trois endroits.. mais trempés et sales, triomphants, nous voilà arrivés ! Waouw, c’est grandiose.. La Mendoza est une petite communauté Quechua entourée de montagnes à 360c° et surplombant le fleuve, certes contaminé par les mines de Potosi, mais très joli, Pilcomayo.

Le premier soir a été consacré à la présentation aux chefs de la communauté.. et nous avons pu constater qu’il va falloir apprendre le Quechua très rapidement, surtout avec les femmes, qui comprennent un peu l’espagnol mais ne le parlent quasiment pas. Ereintés, nous voulons nous coucher, mais nous sommes conviés à une fiesta, où l’on passe la soirée à me dire « chaki chaki », en gros « cul sec cul sec » pour me faire boire de l’alcool très chaud et très fort de canelle et de la chicha morada (non alcoolisée).. Nous finissons un peu ivres, idéal pour dormir bien !

Le lendemain, le programme est d’animer un atelier de renforcement institutionnel. Le but est par le biais de jeux de rôles, de faire connaître bien les fonctions de chaque membre du syndicat de la communauté (responsable de la santé, secrétaire économique, etc..)

Au niveau du quotidien, se laver reste une étape difficile, surtout à cause du manque d’intimité. Le but du jeu est d’aller chercher de l’eau avec son seau, de se mettre dans un coin, complètement dans le noir, et de se laver en se battant avec les moustiques.

Au niveau des hostilités, les cactus arrivent en tête, il y en a partout, Claire a gardé en souvenir d’une ballade (sans chemin, en montée abrupte, au milieu des cactus), une jolie épine de 5 cm que l’on n’arrive pas à faire sortir depuis une semaine…. C’est la guerre des cactus !

Ah oui autre aléas : nous avons dû déménager de notre logement premier car des grosses punaises, les « vinchugas », qui donnent le Mal de Chagas (à ce qu’il paraît peut être mortel) envahissaient la maison, surtout la nuit et surtout sous mon lit.

Bon assez râlé ! Lundi, le travail a vraiment commencé : planification, chronogramme, le travail à faire est énorme mais passionant.. Ensuite il a fallut présenter le projet de « recherche-action » à toute la communauté, en espagnol (traduit en Quechua), timidité au placard, j’y suis bravement allée (tout comme Claire qui a encore plus de mérite que moi car pas encore à l’aise avec l’espagnol). Mais les habitants sont extrêmement gentils et compréhensifs.. Leur seule inquiétude est « mais quand est-ce qu’on va voir réellement les changements ? » et c’est là toute la difficulté de leur expliquer qu’on va passer 6 mois à enquêter sans rien leur apporter, ceci pour faire mieux ensuite ! Pour compenser, on essaie de passer quelques journées à les aider au champ : couper la canne à sucre, récolter le maïs, cuisiner etc..

La suite de la semaine a été consacrée à dessiner un plan complet des maisons de la communauté en vue de faire passer un questionnaire à chaque famille, puis j’ai fait mes premiers entretiens avec les professeurs de l’unité éducative.. Les enfants sont terribles pour certains, ça les fait tellement rire de voir des « gringuitas » qu’on a le droit à toutes les misères du monde (l’autre jour ils ont enfermé Claire de l’extérieur de notre habitation), évidemment, ils voient bien qu’on est des petites jeunes, alors aucune autorité ! Le travail d’observation a commencé avec les réunions de santé (promoteur de santé, « madres vigilantes », infirmière, médecin, très drôle le médecin dans sa prétention), puis avec les réunions de répétition de danse traditionnelle (caballera, une danse sur fond de charango et d’accordéon, qui consiste à imiter le pas du cheval)… J’ai esquivé quelques pas de danse sous le regard amusé de toutes les femmes, mais on s’est bien marré ! Je suis de plus en plus à l’aise avec les habitants, surtout avec la femme du chef.. Elle a 22 ans et trois enfants, est très jolie et très marrante !

Voilà un bref résumé de ma semaine à La Mendoza. Tout est super même si évidemment le mal du pays prend parfois. Pour les détails du stage, je vais mettre mon plan de travail dans la rubrique « documents », en espérant que mes collègues IEDES me donnent des conseils !! Sinon ci-contre quelques photos pour vous donner une idée de là où je vis !

Depuis hier soir, me voilà de retour en ville pour une semaine.. ça fait du bien de prendre une douche et de pouvoir communiquer avec mes proches ! Je retourne dans la communauté samedi pour 3 semaines. D’ici là je vais être connectée tous les soirs (plutôt quand il est tard le soir en France), et j’espère pouvoir parler un maximum sur internet et par skype ou téléphone.

Plein de bisous

Delphine

Ps : ah très important j’ai oublié de parler bouffe ! bon en même temps le résumé sera rapide : pâtes, riz, patates, matin, midi et soir ! Et voilà, une fois de la viande, ce qui fût un grand luxe, et une fois un poisson contaminé du fleuve !

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18 avril 2008

Nouvelles de Bolivie

Salut à tous !

Voilà le travail a commencé… De manière très précipitée, me voilà entrain de préparer le premier thème de l’enquête participative que je dois concevoir et réaliser pendant ces six mois. Il s’agit plutôt d’une « recherche-action » (le terme est cher à la directrice générale de l’ONG….). Il s’agit donc de mener une enquête plus ou moins complète d’une communauté Quechua,

La Mendoza

,  à laquelle vont bien sûr participer les campesinos. Il s’agira ensuite d’écrire les projets du programme de « développement intégral » (les iedessiens et autres bébés Lenaelou comprendront l’usage des guillemets… esprit critique à l’épreuve !), de les présenter à des bailleurs et de préparer le terrain pour quand je ne serai plus là. Pour la recherche, pour l’instant je suis la thématique des droits des indigènes en matière de santé, éducation, citoyenneté, alimentation. Je prépare les objectifs de l’enquête, les instruments que (quali, quanti, agronomie), les personnes qui pourraient m’aider (agronomes, médecins, autres ONG, guérisseur) en plus des habitants de la communauté. Claire, elle, est en train de préparer le thème du tourisme et éco-tourisme de

La Mendoza. Sur

ces deux projets, nous participons à une sorte de « concours » organisée par une université de Sucre. Il nous reste encore ensuite à préparer le thème du renforcement institutionnel, de la construction de latrines, de digues pour prévenir les crues, celui de la pollution du fleuve Pilcomayo. J’avais un peu peur en arrivant dans une ONG petite et locale comme Realidades que ce soit un peu décousu, mais je suis super contente, nous avons un plan de travail pour les six mois (à voir si cela sera effectif), et cela touche autant à la recherche socio-anthropologique qu’au montage de projet. L’ONG a très peu de moyens mais travaille très efficacement, c’est impressionnant par rapport à ce que j’ai pu faire avant, au Togo ou en France.

Assez parlé boulot !!

Ce matin je suis passée à la télévision sur une chaîne locale pour parler d’une campagne de plaidoyer de l’ONG en faveur du droit des enfants travailleurs (un autre projet sur lequel je travaille ponctuellement) et c’était très drôle. C’est comme un appartement un peu désaffecté, il y a une cuisine avec le bureau de la télévision, et une autre pièce qui sert de studio.. ; Et tout ce petit monde se prend très au sérieux, nous regarde de haut… C’est une télévision de parti de droite, et ici, ce n’est pas comme en France, aucune impartialité n’est exigée (même si bien sûr en France….) il y a donc les chaînes de droite, et les chaînes pro-gouvernementales…

Mon plus grand plaisir du moment est de faire la lessive longuement pendant ma pause déjeuner sur la terrasse, tremper mes mains dans l’eau froide quand il fait si chaud hmmm… Tout est lent….  Le second plaisir est de retrouver mon bouquin le soir, le seul moment d’intimité… Le troisième plaisir.. lol

Bizarrement mon espagnol ne s’améliore plus tellement ces derniers jours… mais mon français lui joue à cache-cache, je ne trouve plus trop mes mots par moment, tout me vient en espagnol..

Mon départ pour la communauté de

La Mendoza

est prévu pour le 26 avril, alors je suis en train de prendre des cours de Quechua accélérés, car tous les campesinos ne parlent pas espagnol, et comme je dois leur poser nombre de questions, faire des entretiens, récits de vie, etc.... J’ai hâte d’être là-bas, entre montagnes et rives du fleuve.. dépaysement et plénitude ;)

Je suis désolée de ne pas écrire aussi souvent que je le souhaiterais, il y a beau avoir pléthore de cyber à Sucre, j’ai de moins en moins de temps pour moi… En gros nous sommes des gros fainéants en France, ici je travaille de 8h à 18h30 du lundi à samedi, ce à quoi il faut ajouter les soirs où j’anime des ateliers dans une école pour les enfants des rues, et les soirs où nous préparons des projets à la dernière minute… A ce qu’il paraît, ce sera plus tranquille à

la Mendoza. Ojala

!

Question ballades, à part la rencontre d’un homme étrange dans un village proche de Sucre (Yotala), qui veut absolument nous apprendre à fabriquer de l’encens et des bijoux en argent (ce que j’espère), rien d’autre pour le moment. Mais un petit gars très sympathique (spécial corruptrice), travaille pour l’asso et également dans une agence de tourisme, et il a l’air d’avoir envie de ballader dimanche, alors nous verrons... Morgane me rejoint le 15 octobre en Argentine, je vous donne le planning si jamais cela intéresse quelqu’un de nous rejoindre sur une destination : octobre-novembre : Argentine, novembre-mi décembre Chili, 15 décembre- 9 janvier, nvlle calédonie (chez mi padre), janvier : vietnam, février : Inde (nord).

Je vous laisse, je me suis échappée mais je retourne au bureau…

Je vous embrasse tous bien fort,

Delphine

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08 mars 2008

Appartement

Comme je pars en Bolivie, je dois laisser mon super plan de sous-location..

Je cherche quelqu'un pour avril-mai. L'appart fait 65 m², il y a deux grandes chambres. Une est celle du coloc très sympa, l'autre est libre et meublée. Le prix est de 400€ par mois  c.c.

Jusqu'au 31 mars vous pouvez me joindre au 06 23 80 90 06, sinon sur mon mail : delphinelucas17@hotmail.fr

Delphine

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07 mars 2008

Diagnostic participatif

lavignedelville

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A propos

carte_bolivie

Ceci est mon blog de stage et de voyages...
On parlera surtout de Bolivie d'abord.. puis ensuite d'autres destinations viendront s'y ajouter jusque début 2009 .. Retour en France prévu en mars 2009.
A droite vous trouverez des ressources professionnelles, des bons plans et les albums photos ; au centre de la page vous pourrez suivre les bonheurs et les galères d'une stagiaire en Bolivie!
Bonne lecture !

Delphine

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